Né le 15 janvier 1809 à Besançon et mort le 19 janvier 1865 à Paris, Pierre-Joseph Proudhon est un philosophe, économiste, journaliste et sociologue français. De son premier ouvrage majeur, Qu'est-ce que la propriété ? Ou Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement, on retient la formule pour le moins retentissante « La propriété, c'est du vol ». À noter également la célèbre « Dieu, c'est le mal » quand, non content de critiquer déjà la propriété, Proudhon s'en prit à la religion. Partie prenante de l'anarchisme peut-être ? Sans nul doute. Il en fut même l'un des pères fondateurs, allant jusqu'à tenir le rôle de précurseur en s'auto-proclamant anarchiste. Sa pensée se heurtant naturellement à tout semblant d'autorité et d'asservissement, le polémiste qualifia ce courant de philosophie politique d'«ordre sans pouvoir » au sein de son ouvrage Les confessions d’un révolutionnaire. Acteur important de la Révolution de 1848 qui oeuvra parallèlement sur la morale en général, la littérature et l'art en particulier, le théoricien tenta entre autres de créer une banque nationale pratiquant des prêts sans intérêts tout en préconisant divers modèles politiques et économiques alternatifs, liens intrinsèques à l'appui. La polémique proudhonienne s'exprima ainsi, aussi virulente que radicale, au-travers d'une trentaine d'oeuvres militantes (sans compter les posthumes), en tout point fondamentales au regard du monde et de la société, autrement dit des rapports sociaux. Pour autant son anarchie solidariste, de surcroît mutuelliste, divergea avec celle de Marx en termes de fondation du socialisme tandis que ce dernier s'en tint à un communisme collectiviste. Mais c'est une autre histoire...